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For The Love Of The Dame [Leah]

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MessageSujet: For The Love Of The Dame [Leah] Dim 22 Aoû - 1:19

|| Comme je n’ai pas RP depuis un long moment, pourquoi ne pas commencer par un petit previously ? x) ||

Previously, for Ian.

- Je serai là pour te protéger. Pour vous protéger, fit Ian Harding en posant un regard qu’il voulut réconfortant sur Leah.
D’abord figée un moment, celle-ci hocha la tête avant de se tourner vers la roue. Et à peine un instant après qu’elle eut commencé à la tourner, Ian se posta derrière elle et poussa à son tour pour faire tourner l’antique mécanique, une lueur intense illuminant la pièce.
La lumière blanche finit toutefois par s’atténuer et devint un ciel bleu levé sur un désert. Ian se tourna pour vomir sur le sol suite à se voyage douloureux, puis il se força à se relever, regardant autour de lui.

- Leah ?!

- Tout ça, c’était faux. Je me suis fait arnaquer depuis le début, tout ce qui les intéressait c’était de revenir ici et de savoir comment tous les tuer. C’est moi qui leur ai tout fourni ce dont ils avaient besoin ! Ils les tueront tous, sans exception !

- Ils ont besoin de toi, Ian. Tu peux réparer tes erreurs.
L’ancien policier se mordit les lèvres et tourna la tête vers l’océan sombre.

Adossé au bateau, Ian observait de loin deux personnes qui discutaient avec intérêt. Leah DeGroot et un de ces tueurs de passagers du bateau dont il ignorait le nom. Ces temps-ci, elle était souvent avec lui. Passait du temps avec lui, et plus ça allait, plus Ian s’inquiétait.
Un nouveau regard aux gens autour de lui suffit pour finir de le décourager : il avait échoué. Leah semblait s’être joint à cet homme, et seul, il n’arriverait jamais à sauver les passagers du vol Oceanic 815 et leurs amis. Surtout pas sans elle.

C’était la nuit. Sans un bruit, Ian se glissa par l’échelle de cordage afin de rejoindre le sol sec de l’Île où était « amarré » le Maelstrom. S’avançant en titubant légèrement, il fonça vers la jungle en jetant un dernier regard au bateau qu’il avait emmené à l’Île sans se douter que cela entraînerait probablement la mort de ceux qu’il avait « sauvés du temps » en compagnie de Leah DeGroot.


Présent.

C’est dans un élan douloureux et fulgurant que les yeux bleus et glacials de Ian Harding s’ouvrirent, son torse s’élevant en une grande inspiration qu’il prit alors qu’il roulait lentement sur le côté en gesticulant de façon indistincte, comme s’il avait été pris de spasmes. L’étrange situation dura une dizaine de secondes, mais dès qu’il en fut libéré, il se ressaisit en utilisant ses mains et ses coudes pour se redresser lentement avant de s’élever sur ses jambes d’un petit bond. Il avait mal à la tête, et il avait l’impression d’avoir consommé une quelconque substance l’ayant troublé psychologiquement. Le sol dansait sous ses pieds, et les arbres semblaient crier dans ses oreilles en s’élevant grossièrement autour de lui, un vent immense semblant les secouer. Il avait rêvé. Encore.

Désirant calmer cette sensation plus que désagréable, Ian ferma les yeux. Il resta ainsi un court moment, quelques secondes, quelques minutes, un temps indéfinis, en fait. Peut-être resta-t-il là une ou deux éternités. Mais dès que se fut fait, dès qu’il rouvrit les yeux, se fut comme si le vent qui avait secoué les arbres était entré dans sa tête et avait écarté les horreurs du rêve. Depuis qu’il avait quitté le Maelstrom –ce qui signifiait combien de temps ? Il n’avait plus le souvenir de l’avoir quitté. Il n’avait plus le souvenir des gens qui y étaient, de la raison pour laquelle il y était monté, ni celle pour laquelle il l’avait quitté. C’était un peu, au fond, comme si les rêves avaient été la réalité, et que tout ce qu’il avait vécu ne s’était avéré qu’un horrible cauchemar.

Mais il avait l’habitude, après tout. Quand sa vie avait-elle été bonne ? Quand avait-elle été juste, simple ? Pas depuis bien longtemps. Si bien qu’il n’en avait plus le souvenir. Il ne se souvenait plus de ce que c’était que de parler normalement à quelqu’un. Ce que c’était que de s’endormir sans douter de son existence. Il ne se remémorait même plus ce que c’était que d’avoir quelqu’un qui comptait sur nous. Il était seul, désormais. Et il le resterait toujours. Toujours, parce que la vie lui avait repris tous ceux à qui il avait tenu. Il avait aimé une femme, autrefois. Lorsqu’il était jeune. Mais être un agent de la paix comportait plusieurs dangers. Choisir de protéger les autres, au fond, se résumait à s’exclure d’eux. Désormais, elle n’était plus là, et même son admirable sourire n’était désormais rien de plus que la possibilité d’un maigre soupçon de souvenir. Ses yeux, pétillants autrefois, il ne les voyait plus, même en s’y efforçant. C’était comme si elle avait simplement… disparu, avec sa santé mentale. Quant à ses parents, eux aussi l’avaient abandonné. Sa mère, il ne l’avait pas vue depuis bien longtemps. Et son père, décédé, il l’avait revu, oh oui. Mais était-ce vraiment lui ou simplement une simple hallucination, une partie de lui qui lui faisait tout imaginer. Et finalement, il y avait Leah DeGroot. Il ne l’avait pas vue depuis l’après-midi durant lequel il avait décidé de quitter le navire. Et, bien qu’il n’avait aucune idée du temps qui s’était écoulé depuis, puisqu’il avait passé son temps à déambuler dans la jungle, à survivre sans réelle obstination, à rêver la nuit de cauchemars horribles, il croyait pouvoir supposer que ça ne devait pas faire si longtemps, puisqu’il était toujours vivant. Enfin, apparemment. Mais même si cela avait daté de seulement une journée, quelques jours ou quelques semaines… Elle n’était, tout comme son ancienne fiancée, qu’un vague souvenir. Mais, bien que son image n’était plus qu’une image tirée du néant, il y avait quelque chose de différent comparativement aux autres personnes qu’il avait connues. Lorsqu’il pensait à son père, à sa mère, à sa fiancée ou aux autres personnes qui avaient marquées sa courte et trouble existence, il ne voyait que du gris. Des images… floues, anciennes. Mortes. Mais, au plus sombre de la nuit comme au plus clair du jour, lorsqu’il s’attardait à Leah, ce qu’il voyait était différent. Il ne la voyait plus, non. Il ne pouvait plus se rappeler son sourire, son rire, ses yeux et sa voix. Il ne pouvait plus la voir. Mais dans cette aveugle vision qu’elle était, il y avait la lumière.

Alors que ses pas l’avaient conduit vers le ruisseau au-dessus duquel il s’était rasé tous les matins depuis son départ, Ian se surprit à remarquer ce point pour la première fois. S’asseyant en tailleur et s’aspergeant le visage, il observa pendant un moment la version aquatique de son visage qui, troublée par ses mains, s’était mise à onduler au rythme des minuscules vagues. Pourquoi, quand tout était gris, l’image de la jeune femme de « deux fois son âge » illuminait tout de mille feux ? Et aussi troublant que cela puisse être, la réponse lui vint instantanément. Parce qu’il l’aimait.

Il l’avait côtoyée sans lui parler pendant quelques années alors qu’ils avaient habité le village Dharma. Mais alors, il était dans un état tout aussi vague que celui-ci, sans lumière toutefois, et il ne l’avait simplement pas vue. Ensuite, il s’était éveillé et avait entraîné la jeune femme malgré lui dans une aventure qui avait visé à ramener tous les voyageurs temporels à bon port, tout en sauvant Leah de la bombe à retardement qui grossissait dans son ventre, sous la forme d’un enfant. Ils avaient tourné la roue. Puis, il l’avait observé, souvent. Pour ne réapparaître qu’après la disparition du fils de son amie. Il l’avait fait venir sur l’Île avec lui, sous prétexte que c’était le seul moyen de retrouver son garçon. Mais à bien y penser, ça n’avait eu aucun lien avec tout cela. Si elle était venue, s’il l’avait convaincue, c’était simplement parce qu’il voulait la voir. Lui parler, être près d’elle. Pouvoir veiller sur elle. Parce qu’il l’aimait.

Et, parce qu’il l’aimait, il avait été assez aveugle pour ne rien voir se qui se tramait derrière tout cela. Et quand les gens du bateau abattraient leurs amis au village, Leah s’opposerait à eux. Et ils la tueraient elle aussi. Il la tuerait, non parce qu’elle était téméraire, courageuse. Pas parce qu’elle n’accepterait pas de laisser faire ce massacre. Elle mourrait pour une simple raison. Parce qu’il l’aimait.

Harding était désormais debout. Le soleil se reflétait sur la surface paisible de l’eau, produisant un effet aveuglant. Une légère brise passait dans ses courts cheveux, et il serra doucement les poings en se mordant les lèvres. Ses sourcils étaient froncés et ses yeux étaient fixés sur l’eau, bien qu’il ne la voyait pas.

Ça lui était égal, que les autres meurent. S’il y avait quelque chose après la mort, s’il y avait question de bien et de mal, peut-être, une fois mort, serait-il damné pour ses actions. Certes, il aurait condamné des dizaines d’innocents. Certes, il aura échoué à les sauver, voire rien tenté. Mais de tous les énoncés qui pourraient peser contre lui à jamais, il y en avait un qui n’y figurerait jamais. Il n’aura jamais condamné Leah DeGroot à la mort. Il allait la sortir de là, quoi qu’elle dirait, peu importe ce qu’elle ressentait pour cet homme du bateau. Il allait la sortir de là, tout simplement parce que s’il l’avait amenée ici par amour pour elle, il réussirait à l’en sortir par haine contre lui-même, pour ce qu’il avait fait.

Alors que ces pensées défilaient à une vitesse fulgurante dans sa tête, Ian Harding avait avancé de plusieurs mètres dans la jungle, s’appuyant sur un bâton difforme pour avancer. Il était mal en point, après ce séjour dans la nature. Mais pas encore assez pour abandonner celle qu’il aimait. Il marcha pendant près d’une heure en s’orientant grâce à ce qu’il avait appris pendant sa vie au sein de l’Initiative Dharma. Boisées, clairières, il traversa une partie de la jungle avant que le Destin ne sème sur son chemin un obstacle. Enfin, un obstacle, si c’en était vraiment un. Alors qu’il arrivait en vue d’une cascade où il pourrait se rafraîchir après cette marche sous la chaleur intense de l’Île, son regard croisa dans l’eau le reflet d’une personne, debout, face à lui sur l’autre rive.

C’était une jeune femme, au visage à la fois sombre et rayonnant. Les cheveux d’une couleur fraîche, peut-être automnale, les yeux doux, mais fermes, elle était, pour Ian, comme une pousse verte dans un printemps tardif plus qu’attendu. Comme une lueur au cœur de l’orage. Leah DeGroot.
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Leah E. DeGroot
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MessageSujet: Re: For The Love Of The Dame [Leah] Sam 28 Aoû - 21:28

Leah DeGroot marchait dans la jungle depuis un bon moment déjà, sans s’arrêter une seule fois. Elle se démenait contre cette nature sauvage qui s’opposait à elle, envoyait balader d’un geste de la main une branche d’arbre qui lui bloquait le chemin. Cet après-midi, alors que le soleil était déjà haut dans le ciel, elle avait commencé à étouffer dans le grand cargo qui leur servait de maison. Sur un coup de tête, elle avait donc décidé d’aller se promener, comme pour mieux organiser les pensées qui fourmillaient dans son esprit. Bon sang, ce Danny avait le don de la rendre si confuse tout à coup, comme si le monde qu’elle connaissait s’écroulait devant ses grands yeux bruns. Elle n’arrivait toutefois pas encore à comprendre pourquoi cet homme avait soudainement eut l’envie de venir la rejoindre à la plage, pour lui parler, alors qu’il ne lui avait rien dit finalement. Mensonges et non-dits demeuraient alors encore et toujours entre eux, comme un obstacle pour les empêcher de voir qui ils étaient vraiment. Et pourtant, pendant quelques secondes, quelques secondes où son cœur avait manqué un bond et où elle avait retenue sa respiration, elle avait cru que cette discussion serait la fin de cette époque. Ou plutôt le début de quelque chose d’autre. Cependant, elle n’avait pas eu à attendre bien longtemps avant de se rendre compte que, finalement, elle passerait encore un temps avec ce secret, ce fardeau sur la conscience.

Cette pensée la ramena au cargo. Pourquoi? Parce qu’elle continuait encore et toujours de retourner et retourner la discussion qu’elle venait d’avoir avec lui dans sa tête, comme une vidéo cassette que l’on aurait besoin de rembobiner pour ne rien manquer, pour pouvoir dénicher un détail, aussi infime soit-il, qui pourrait lui permettre de rendre les choses claires. Quelques semaines déjà qu’elle était sur cette île et elle en avait déjà assez de l’humidité constante, de l’ambiguité des cabines où elle devait entasser toutes ses affaires (la chance qu’elle ne soit pas claustrophobe). Elle en avait assez de tous ces mensonges, ces secrets qu’elle devait garder pour elle-même. Elle en avait assez de voir sans cesse surveiller ses faits et gestes, par peur de révéler un détail infime qui mettrait la puce à l’oreille à ses copains sur qui elle était réellement. Leah avait la sensation d’être un funambule devant marcher sur un fil de fer à des kilomètres dans les airs. À chaque pas qu’elle faisait, aussi petit soit-il, elle risquait de glisser et d’entrer en chute libre. Elle risquait la mort presque certaine, la sensation de tomber dans le vide avant de sentir dans son corps entier le choc de kilogrammes d’os, de chair et de tendons contre le sol dur. C’est donc pour cette seule et unique raison, pour pouvoir respirer, être elle-même, pouvoir aller à sa guise sans devoir tout surveiller en elle. La brunette savait qu’elle serait supposée retourner, là, tout de suite, au cargo. Elle savait que si elle retardait trop, ces mercenaires allaient se poser mille et une questions. Et elle savait aussi que des mercenaires qui se posaient des questions avaient de grandes chances de douter, de la soupçonner. Pourtant, à ce moment précis, elle pouvait dire sans brancher qu’elle s’en foutait éperdument. Qu’ils essaient donc de la rattraper ces types et ils allaient voir que la jolie petite brunette, ancienne enseignante, pouvait avoir un sale caractère quand elle s’y mettait. Elle marchait depuis un moment déjà, enfonçant avec détermination ses pieds dans la boue de la jungle, avant de les ressortir de là pour avancer, luttant contre la résistance de la terre collante. Elle était perdue dans ses pensées, mais il ne fallait pas se fier aux apparences lunatiques qu’elle affichait; tous ses sens étaient finement éveillés. Les odeurs de la jungle s’infiltrait dans son nez sans crier gare, emplissant ses narines d’odeurs animales, végétales, celle d’un feu en train de brûler, probablement à des kilomètres de là, des feuilles d’arbres mouillées par la pluie qui venait de tomber en torrent. Ces odeurs eurent tôt faire de calmer l’anxiété constante dans laquelle elle baignait ces temps-ci, agissant comme seul un bain chaud mousseux peut le faire. Différents sons parvinrent à ses oreilles mais encore là, il ne s’agissait pas de ces sons menaçants qu’elle avait appris à craindre. Non, c’était seulement la vie de la jungle, comme si les arbres pouvaient respirer. La nature, quoi. Pour la première fois depuis un grand nombre de semaines, Leah sentit ses lèvres s’esquisser en un sourire, un léger sourire sincère sur le coin des lèvres. Pour un instant, elle avait soudainement oublié sa situation si précaire, ses relations compliquées. Leah s’arrêta brusquement quelques secondes plus tard, alerte. Un nouveau bruit parvenait jusqu’à ses oreilles, de l’eau qui coulait…Avant même d’y penser, Leah s’était mise à marcher de nouveau, cette fois plus rapidement, afin de parvenir jusqu’à la source d’eau; elle avait remarqué il y a quelques heures que sa bouteille d’eau était pleine et elle avait maintenant une occasion en or d’y remédier.

Elle sentit à peine les arbres défiler de chaque côté d’elle et encore moins les égratignures causées par cette végétation plutôt dense sur cette île. Leah ne s’arrêta que lorsqu’elle aperçut devant elle l’étendue d’eau dont elle avait entendu le bruit un peu plus tôt. La brunette venait de faire un geste pour se pencher, après avoir sortie sa bouteille d’eau de son sac, quand elle remarqua un reflet qui lui semblait familier dans l’eau peu profonde. Bon sang. Elle cligna des yeux rapidement, croyant que ce n’était qu’une illusion, mais l’image demeurait toujours en place, presque obsédante. Et pourtant, elle n’y croyait qu’à peine; c’était tout à fait impossible! L’homme qu’elle croyait voir avait disparu il y a un moment de cela, sans crier gare, ni même daigner lui dire aurevoir à elle. Il s’était sauvé du cargo comme un voleur et sans raison apparente. Sur le coup, les autres l’avaient tous cru mort. Bon sang. Bon sang. Elle devenait folle. Oui, c’était probablement cela. Ian lui manquait terriblement, elle s’inquiétait pour lui depuis qu’il était partie et attendait tous les jours qu’il ose seulement lui donner des nouvelles. Chaque fois qu’elle allait en excursion en pleine jungle, un côté de son esprit priait pour qu’elle le voit sur son chemin, vivant. Elle priait pour qu’il apparaisse devant elle, juste pour s’expliquer, pour s’excuser de l’avoir quitté ainsi. Juste pour qu’elle puisse réellement croire qu’il n’était pas mort, que ces types avaient torts. Depuis qu’Il était partie, c’était comme si un morceau d’elle-même avait été brisé, déchiré à jamais. Elle était encore moins elle-même qu’avant, se réfugiait davantage dans ses mensonges quotidiens, dans les nuits passées avec Danny. Son cœur semblait vouloir défoncer sa poitrine comme un animal sauvage. Elle avait peur, peur de lever les yeux vers la source de ce reflet pour réaliser que ce n’était qu’une illusion, qu’elle était belle et bien folle. Elle avait peur qu’ainsi, elle réaliserait encore plus qu’elle ne le reverrait probablement jamais, peur de se faire souffrir davantage. Elle serra les dents avant de lever les yeux, s’efforçant de conserver un visage calme avec peine.

Elle réalisa alors non pas qu’il était encore plus absent que jamais, non pas qu’elle souffrait davantage, mais que l’homme qui l’inquiétait depuis des semaines déjà se trouvait en face d’elle, sur l’autre rive de la cascade où elle s’était penchée. Ian. Tout en ne le quittant pas du regard, Leah se redressa tranquillement, incertaine, comme si la silhouette familière pouvait disparaître d’une minute à l’autre. Pendant plusieurs minutes, elle le dévisageant en silence; elle ignorait alors par où commencer, quoi dire seulement. Devait-elle lui sauter dessus pour lui faire regretter de l’avoir oublié ainsi? Quand, enfin, elle ouvrit la bouche, elle tenta de conserver un ton neutre et ne réussit qu’à moitié; elle savait que l’homme pouvait percevoir l’intensité du ton qu’elle avait employé. « Ian » commença-t-elle dans un murmure qu’elle était pourtant sûre qu’il avait entendu. « Qu’est-ce que tu fais ici bon sang, seul, en pleine jungle? Qu’est-ce que tu fous loin du cargo, loin de….moi depuis tout ce temps? » Leah avait dit ces derniers mots avait un choc apparent dans sa voix, comme si cette dernière était sur le point de se briser. Il avait de la chance qu’elle soit encore sous le choc des retrouvailles; elle sentait la haine pour lui s’éveiller tranquillement en elle, se répandant comme une poison dans son corps, à travers son sang.
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MessageSujet: Re: For The Love Of The Dame [Leah] Ven 3 Sep - 14:05

Dès qu’elle ouvrit la bouche, se fut comme si elle avait chargé un fusil à pompe avant de le lever vers lui pour faire feu. Reculant d’un geste vif en levant rapidement les mains dans les airs, dans un signe de soumission et de paix, l’homme au visage carré secoua son visage rendu fou par son séjour dans la jungle, et ses yeux perçants, d’un bleu glacial, semblèrent fondre. Et, bien que les mots ne pourraient jamais l’atteindre comme des projectiles qui auraient percé son corps en de multiples endroits, bien qu’aucun mot ne pourrait jamais percer sa chair, broyer ses os et saboter ses organes vitaux, bien qu’ils ne pourraient jamais porter atteinte à son corps, il se surprit à chanceler, défaillant légèrement. Tout compte fait, avait-il été bien prêt à retrouver Leah ? Peut-être, pendant le temps qui s’était écoulé, avait-elle eu le temps de tout oublié et s’était-elle encore plus liée à l’homme qu’il avait vu. Enfin, oublié. Au fond, ce n’était pas qu’il y avait réellement quelque chose à retenir, quelque chose à se remémorer. Mais il resserra les poings et réussit tant bien que mal à se maîtriser, s’arrêtant dans es mouvements, levant vers elle son regard brisé et son visage peu entretenu, masqué par la barbe, les cheveux en bataille, des égratignures et de la saleté. Il tenta tout de suite de balbutier quelque chose, mais ce fut comme si il n’était plus capable de parler.

Pendant un bref instant, l’espace d’un clignement d’œil, d’un battement de cœur, instant qui lui sembla toutefois être une ou deux éternités, il ne se rappela plus ce que c’était que de parler. Un peu comme, lorsqu’on était trop longtemps sans faire une activité qui nous plaisait, on avait de la difficulté à recommencer. Bien sûr, il n’avait jamais vraiment été un grand orateur et la parole n’était pas sa meilleure arme. Il était timide et il lui arrivait souvent de chercher ses mots ou de balbutier. Mais jamais il n’avait tenté de se souvenir comment on devait parler. Toutefois, l’effet étrange que cela lui procura se dissipa et il réussit à ouvrir la bouche pour en laisser s’échapper un mot, prononcé avec malaise et misère.


- Leah !

Ce seul et unique mot, ce nom, plutôt, avait été prononcé d’une voix défaillante et insécure. Enfin, prononcé était alors un bien grand mot, puisqu’on eut surtout dit qu’il l’avait lâché, bégayé ou bafouillé. À n’entendre que cette voix, on n’aurait jamais pu croire qu’elle venait d’un homme qui, à son naturel, aurait dû être droit, grand, musclé et fier. En fait, le ton laissait presque imaginer un petit être véreux, faible, fragile, laid et méprisant. Une petite chose, presque pas humaine, qu’on ne serait presque pas surpris à entendre siffler « Mon préciiieux ! » Mais bien que le ton avait été des plus boiteux, il se félicita presque d’avoir réussit à le faire passer ses lèvres, qui étaient sèches et couvertes de craquelures. Un peu comme les déserts que l’on voyait parfois dans les films, ceux qui n’étaient pas faits de sable, mais d’un de ces genres de terre rougeâtre craquelée de partout, triste paysage désertique et mort. Haletant presque de l’effort, Ian se força à ne pas courber le dos et à rester droit, bien que l’effort fut difficile. Il avança légèrement, de trois petits pas, presque rien vu leur grandeur, mais ce fut assez pour qu’il manque chanceler dans l’eau, l’un de ses souliers provoquant un mince clapotis alors qu’il posa son pied sur le rebord de la cascade. Celle-ci coulait en provoquant un bruit assez fort, mais Ian ne l’entendait presque pas, la cascade était comme passée en second plan. Pour lui, c’était comme s’il n’y avait que Leah et lui.

Et, puisqu’il n’y avait que Leah et lui, il n’y avait rien pour le protéger, rien pour qu’il ne puisse fuir cette situation qui, bien qu’il avait lui-même choisi de créer, l’effrayait et le glaçait au plus haut point. Ainsi donc, il devait parler, continuer. Dire ce qu’il avait à dire. L’échec signifierait la mort. Et même pire, probablement la mort de Leah. Aussi il prit une bonne inspiration, à peine quelques secondes après qu’elle eut prononcé ses derniers mots. Mais cela ne réussit tout de même pas à faire quoi que se soit. Il était perdu. Complètement. Incapable de redevenir lui-même. Certaines blessures sont si profondes qu’elles s’emparent de vous et ne peuvent cicatriser, même avec le temps, avait-il déjà entendu, il ne savait plus trop où. Peut-être était-ce fini. Peut-être qu’après tout ce temps, depuis que sa fiancée était morte, peut-être était-il condamné. Peut-être que l’aube ne se lèverait jamais et que, au fond, cette lumière qu’il voyait n’était qu’un attrape-nigaud. Un moyen de l’attirer, de lui faire croire que le jour viendrait, mais en fait, ce n’était qu’un moyen de le maintenir dans l’illusion. Car, en fait, tout devait s’arrêter pour lui avant même que le jour ne se lève.

Vacillant, il manqua une fois de plus tomber à l’eau. Comme s’il tombait dans les pommes tout en restant éveillé. Son corps tomba comme un pique vers la surface miroitante de l’eau, et ses yeux restèrent ouverts, observant cette chute pendant moins d’une seconde. Mais le fait qu’il resta éveillé permit à l’un de ses membres de réagir rapidement. Dans un effort rapide pour ne pas tout perdre, sa volonté réussit à faire s’élever son bras, et il saisit une branche d’une main ferme, et la branche résista. Il ne lui fallut qu’un autre quart de seconde pour se rééquilibrer, s’aidant de la branche pour se tenir debout. Et, quand il releva la tête, le soleil fit miroiter l’eau et sa lumière vers Leah, et il la vit, si magnifique qu’elle était. Illuminée par le soleil, la surface légèrement oscillante de l’eau conférait à tout cela un air presque divin, qui réchauffa le cœur glacé de Ian. Et d’un coup, le sac explosa. Toute cette peur accumulée, cette colère refoulée, ces mots terrés dans son esprit, tout explosa, et il déballa son sac à la jeune femme, parlant cette fois-ci d’une voix bien plus portante et dure que la première fois. Bien sûr, elle restait légèrement faible, mais elle on y entendait un écho presque chevaleresque, noble et puissant. Ce qu’il disait, il le disait avec certitude et fermeté. Il tranchait ses mots, les expulsait.


- Il faut que tu viennes avec moi. Il faut que nous quittions cette Île rapidement. Il faut… qu’on s’en éloigne, le plus possible. Je me moque d’où tu veux aller, peu importe où c’est, tant que c’est loin de cette Île, tout ira bien.
>> Leah… ils te tueront. Peu importe ce que tu pense. Nous ne sommes pas des leurs. Nous sommes leurs objets. Ces gens, sur le bateau, ils sont mauvais. Tous, sans exception. Dès qu’ils auront eu ce dont ils ont besoin, ils t’élimineront… Vois-le ! Ne sois pas aveugle. Peut-être que ça te semble ridicule, et que tu crois toujours pouvoir empêcher ce qu’ils préparent, mais c’est faux. Il n’y a rien à faire… C’est ma faute, s’ils sont là. Ma faute s’ils tueront tous les habitants de cette Île. Mais je t’en prie, suis-moi. Ne reste pas…
>> Si tu viens avec moi… tu seras en sécurité. Aies confiance en moi…


Sa voix s’éteignit, mais il sut qu’elle reviendrait lorsque Leah répondrait. La vague image, le fantôme qu’il avait été récemment, n’était plus. Lentement, l’homme qu’il avait été, l’homme qu’il aurait dû être, lentement, cet homme se relevait, brisant avec fracas les murs de la cellule dans laquelle il avait été plongé lorsque sa fiancée avait vécu une mort prématurée. Cellule qui s’était dotée de murs d’aciers lors de son séjour au sein de l’Initiative Dharma. Et qui c’était agrémentée de dangereux fils de barbelée sur le bateau. Mais, les murs, les fils, tout cela, Ian ne les craignait plus.

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Leah E. DeGroot
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MessageSujet: Re: For The Love Of The Dame [Leah] Mer 22 Sep - 0:28

[Désolée, c'est pourris, je me suis un peu dépêchée vers la fin vu qu'il est tard xD]


L’attachement était quelque chose de fort, de presque irréfutable avec le temps comme s’il serait toujours là. Pourtant, Leah savait que, comme toute autre chose, celui-ci finissait par s’éteindre comme une flamme quand il n’était pas nourrit. Il croyait peut-être que c’était le cas pour eux, peu importe le nom que cela pouvait porter (le nom n’a aucune importance au final). Il croyait peut-être que Danny l’avait effacé de sa mémoire comme dans un lavage de cerveau particulièrement efficace. Rien n’aurait pu cependant enlever de l’esprit de la brunette l’image de cet homme, gravée à jamais dans son esprit. Celui qui avait été là pour elle dans sa mission de sortir de l’île, celui qui avait monté un plan dans ce sens. Lorsqu’elle reconnu, tel un fantôme du passé venu hanter ceux qui étaient restés derrière, cet homme qu’elle ne croyait plus jamais revoir de sa vie depuis qu’il s’était enfuie, elle avait retenu son souffle. Ses yeux lui jouaient forcément un tour. Comme son cœur. Comme on odorat. Comme ses oreilles qui portaient jusqu’à elle le seul son qui sortit d’abord de sa bouche, après que Leah lui ait envoyé au visage sa tirade émotionnelle, celle de la femme confuse qui ne sait plus quoi penser. Elle arrêta soudainement, alors que son esprit grouillait encore de différentes questions, d’une tonne de choses à dire. Qu’est-ce qui l’avait stoppé si brutalement? Ian venait d’avancer de quelques pas, permettant à la douce lumière réussissant à filtrer entre les branches des arbres de la jungle de mieux éclairé son visage détruit. Elle ne reconnut plus du tout cet homme qu’elle avait aimé, timide, mais si fort, si courageux, si fier. Le genre d’homme qui se tient toujours debout pour ses opinions, qui ferait n’importe quoi pour défendre les valeurs auxquelles il tenait. Le voir soudainement si faible, si chétif, comme un petit animal abandonné que l’on aurait laissé crever de faim tranquillement et sadiquement. Ses lèvres étaient sèches, déshydratées, dans un état tellement avancé qu’elle voyait bien qu’Il avait peine à parler. Le seul mot, le seul son qu’il avait été capable de prononcer avait paru aussi difficile que s’il n’avait pas parlé depuis des mois. Sa barbe était plus que longue, il semblait être devenu une sorte de sauvage, un ermite vivant seul dans la jungle. Cette vision la choquait, la rendait encore plus confuse que jamais. Bon sang. Mais pourquoi avait-il fuit de la sorte? Pourquoi l’avait-il fuit elle? Avait-elle brisé son cœur en se rapprochant de Danny?

Elle ne savait pas, elle ne savait plus. Leah avait l’impression de ne plus avoir le Ian qu’elle avait connu sous les yeux et tentait encore tant bien que mal de trouver les bons mots, de contrôler pour l’instant les milliers de questions qui voulaient franchir ses lèvres en ce moment précis; elle savait que ce n’était pas le bon timing pour ce genre de trucs. Leah le vit s’avancer vers lui, chancelant, fragile, comme un nouveau né commençant à peine à marcher. Elle aurait voulu tendre le bras vers lui, le supporter alors qu’il continuait à entamer son avancée vers elle, mais la cascade les séparant, tel un obstacle infranchissable. Il lui semblait à l’instant, alors qu’elle retenait son souffle et que son cœur semblait faire un bond à chaque fois qu’il paraissait sur le point de trébucher, qu’un océan entier les séparait. Maintes fois Leah ouvrit la bouche, sur le point de dire quelque chose, n’importe quoi, mais une lueur dans le regard de Ian l’en empêchait à chaque fois. Il la regardait comme s’il avait une information vitale à lui donner, du type qui était une question de vie ou de mort. Une dernière et ultime fois, Ian sembla être sur le point de trébucher; comme un réflexe, sans même y réfléchir, Leah ne put s’empêcher de faire un geste vers l’homme sur le bord de la cascade. Et pourtant, la chance semblait être avec lui, sans parler de ses apparents réflexes efficaces; il avait empoigné juste à temps une branche qui pendait au dessus de la cascade pour éviter de chuter dans l’eau trouble.

« Ian…? Est-ce que…ça va? » elle avait prononcé ces mots sur un ton incertain, hésitant même, comme si elle était incertaine de leur validité. Pas une seule fois pendant le silence qui s’étirait entre eux elle ne lâcha son regard décidé. Lorsque la brunette s’aperçut qu’il était maintenant hors de danger, elle ne put retenir un soupir à la fois soulagé et exaspéré; elle ne saurait faire la différence entre les deux, là, maintenant. Pourtant, elle avait à peine terminée sa question que Ian était repartie dans ses grands discours; son cœur se mit à battre à tout rompre, non pas seulement parce qu’elle avait finalement l’impression d’avoir devant elle le Ian qu’elle avait toujours connu, mais également qu’elle saurait bientôt ce qu’il avait de si important à lui dire. Très bientôt même. Pourtant, le discours qu’il lui débitait maintenant ne semblait plus avoir aucun sens.

« Qu’est-ce qui se passe au juste? Pourquoi quitter l’île et comment…? » commença-t-elle en haussant les sourcils. Ils n’avaient aucun moyen de quitter cette maudite île, sauf si, comme par miracle, les types du cargo décidaient de partir, ce qui n’avait que très peu de chances de se produire. Son cœur se mit à battre encore plus vite, elle s’inquiétait, les personnes qui lui tenaient le plus à cœur flashaient dans son esprit. Bon sang, s’il était pour arriver quelque chose, elle devrait les sauver…son fils, les types du village, Danny même…Elle devait en avoir plus, lui soutirer les informations. « Pourquoi maintenant? Si tu sais des choses Ian, tu es mieux de me les dire là, maintenant, sinon je te jure que tu regretteras de m’avoir retrouvé. » Elle eut un pincement au cœur lorsque ces mots sortie de sa bouche comme du venin, mais ne les regretta pas. Elle savait qu’elle n’avait pas le choix, peu importe les émotions qui fusaient en elle à l’îdée de le savoir vivant, de l’avoir retrouvé. C’est comme si son soleil intérieur s’était enfin réveillé après plusieurs mois de gestation. « Ian, bon sang, pourquoi ils nous tueraient? Ils savent pour nous? Ils savent pourquoi on est réellement venus? » continua-t-elle, sur le point de paniquer mais tentant de son mieux de le cacher. Elle savait depuis longtemps que ces types voulaient tuer tout le monde sur leur passage, elle savait aussi qu’ils la tuerait s’il savait qui elle était réellement. Elle aurait voulu se rapprocher de lui, juste un peu, pour pouvoir le toucher, avoir un contact physique avec lui. Leah se passa une main dans ses cheveux, nerveuse, mais dans le ton décidé qu’elle employa ne transpirait aucune panique, mais plutôt une lueur fatale, presque dramatique. « Je sais. Tu m’apprends rien Ian; ça fait longtemps que je sais qu’ils tueront tout ce qui bouge, je sais qu’ils nous prenne comme des objets. »

Elle attendait avec anxiété les réponses, les éclaircissements qui tardaient pourtant à venir. Pourtant, dans un coin de son esprit, elle lui faisait confiance; elle savait qu’il avait probablement raison; il ne s’était encore jamais trompé. Peut-être voulait-elle encore vivre dans les illusions que les types du cargo ne lui ferait aucun mal? Ou bien voulait-elle continuer à croire en sa mission? Cela restait à voir.
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For The Love Of The Dame [Leah]

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